• Le Carnaval de Dunkerque

    Le CARNAVAL de DUNKERQUE
    Le Carnaval de Dunkerque

     
     

    photo 2006 Gabriel.Baczkowski

    Cette fête qui se déroule chaque année réunie les Dunkerquois qui pour l’occasion ont revêtu leurs déguisements. photo©www.carnaval-de-dunkerque.com
    La foule qui se déplace dans les rues de la Ville en chantant des airs carnavalesques est guidée par une fanfare elle-même dirigée par le Tambour-major de la Ville. Les carnavaleux qui se tiennent par les coudes forment des lignes qui se suivent et envahissent les rues, ils forment ce que l’on appelle la "bande ".

    Parfois les carnavaleux s’interrompent dans leur marche pour rejoindre des chapelles, s’arrêter au bistrot   Enfin le cortège va se terminer sur la grand place ou les carnavaleux vont se réunir pour le rigodon, le chahut final, puis chanter un hommage à Jean-Bart.

    photo©www.carnaval-de-dunkerque.com >>

    Dès le début du XIXe siècle le port de Dunkerque affiche déjà l’un des carnavals les plus originaux de France. La ville n’est devenue définitivement française qu’en 1662 sous Louis XIV. Elle fut francisée à la suite d’une ordonnance royale qui imposa peu à peu l’usage du français. Mais une bonne partie de la population, autant réfractaire au changement que sentimentalement attachée à ses traditions, continua à parler le flamand. Si bien qu’il n’est pas étonnant de retrouver encore aujourd’hui, dans les chansons du carnaval, quelques bribes de dialecte dunkerquois comme « donne un zô » (zô ou zôt’che est un baiser). Bon nombre de sociétés carnavalesques empruntent également leur nom au flamand, comme les Kakernesches (les plus jeunes des enfants), les Snustreraers (les fouines) ou encore la fameuse visscherbende (bande des pêcheurs).

    photo©www.carnaval-de-dunkerque.com    La cohue des masques !
    Pendant que les tambours battent le rappel, l’énorme pagaille s’organise. Les masquelours, méconnaissables sous leurs maquillages bariolés, se prennent bras dessus, bras dessous pour former des lignes. Les places du premier rang sont très convoitées car c’est là que l’engagement physique va être le plus complet. En effet, c’est aux premiers rangs qu’appartient le privilège de protéger les
    musiciens de la foule qui les suit.
    Au signal du tambour-major situé à l’avant-poste, fifres et tambours entament le rigodon d’honneur qui servait de rassemblement aux soldats de l’Empire. La foule compacte saute en cadence, on pousse déjà pour mettre les premières lignes à l’épreuve.
    Le tambour-major, à la tête d’une soixantaine de musiciens vêtus du ciré et du suroît jaune des pêcheurs, ordonne que cesse le rigodon afin que les fifres reprennent des airs traditionnels de marche connus de tous. Le cortège s’ébranle. Déformée par les poussées soudaines, la cohue des masques avance en chantant, en hurlant plutôt dans les premiers rangs !
    Durant quatre heures, la visscherbende déferle sur la ville comme une vague de fond au rythme des chahuts, des arrêts obligés des musiciens et des rendez-vous incontournables.
    photo©www.carnaval-de-dunkerque.com

    photo 2006 Gabriel.Baczkowski     Des harengs et des homards : 
    Au passage devant l’Hôtel de Ville, cette masse compacte et colorée réclame son dû : une volée de 450 kilos de harengs saurs emballés sous cellophane (appelés aussi kippers) qui n’est pas sans rappeler le départ imminent des pêcheurs pour l’Islande*. Du haut du balcon central, le maire brandit un homard qu’il présente à la foule qui scande « Delebarre, des homards ». Une telle scène se reproduit six fois. Celui qui a la chance de s’emparer d’un homard (en plastique) peut le rapporter à la mairie où il lui sera remis en échange, un bon pour en obtenir un vrai dans une poissonnerie. En réalité bien peu le font car les carnavaleux préfèrent garder ce trophée pour le montrer à leurs amis…. Après quatre heures de fête, les carnavaleux se retrouvent au pied de la statue de Jean Bart pour la célèbre cantate (voir p.3) et le rigodon final. Une émotion, intense saisit alors la foule, un frisson court le long des poitrines et l’on assiste à la scène la plus poignante de la journée sans doute, celle qui permet à la bande de se transformer en une chaîne humaine chaleureuse.



    photos Gabriel.Baczkowski  février 2006

    Un parcours jalonné de « chapelles » 


    Pour la plupart des masques, la bande est prétexte à d’innombrables pélerinages, appelés pour la circonstance « chapelles », qui jalonnent le parcours. Il est d’usage de visiter les maisons amies pour se faire inviter à boire et à manger. Le plus souvent, les masques se déplacent en petits groupes pour mettre à profit les bonnes adresses. Ces carnavaleux-là ne voient la bande que du haut des balcons,
    derrière les fenêtres des maisons visitées, mais savent parfaitement recréer avec une vision plus haute la même ambiance. Ces haltes sont copieusement arrosées de bière et de soupe à l’oignon, ce qui permet aux gosiers largement mis à contribution de se désaltérer.


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