• Léonarda : de l'expulsion d'une jeune collégienne kosovare


    Léonarda : de l'expulsion d'une jeune collégienne kosovare à l'affaire politique

     

     

    Par Franck Alexandre

    Face à la polémique soulevée par l'expulsion de Léonarda, la jeune collégienne d'origine kosovare, Manuel Valls appelle chacun à garder son sang-froid. Le ministre de l'Intérieur affirme que tout s'est fait dans le respect du droit. Si cette famille de Roms a bien été déboutée de ses demandes d'asile, l'exécution de la mesure pour Léonarda fait déjà couler beaucoup d'encre ; les versions divergent.

    Selon le ministère de l'Intérieur, lorsque le 9 octobre dernier les forces de l'ordre se sont rendues au domicile de cette famille (à Levier, dans l’est de la France) pour assurer son retour au Kosovo, elles ont constaté que l'une des cinq enfants, Léonarda Dibrani, 15 ans, était absente pour cause de sortie scolaire.

    Selon le ministère de l'Intérieur, il aurait alors été convenu entre la famille, l'enseignante en charge de la sortie scolaire et les forces de l'ordre, de laisser la jeune fille sortir du bus pour rejoindre les siens.

    Le récit de l'enseignante est pourtant lui, bien différent. Elle assure que c'est le maire de la commune de Levier, qui a téléphoné à l'adolescente, il aurait ensuite demandé à la professeur d'arrêter immédiatement le bus sur un parking où des policiers seraient venus chercher l’adolescente. « Une méthode inhumaine », déclarent les professeurs du collège de Pontarlier où était scolarisée Léonarda qui ont signé une lettre de protestation lundi 14 octobre, sur le blog de RESF hébergé par Mediapart.

    Une affaire politique qui divise le PS

    La polémique a rapidement pris de l’ampleur. Et ce d’autant plus qu’il existe une véritable opposition à gauche entre d’un côté les partisans d’une politique « humaniste » à l’égard des étrangers et de l’autre les tenants d’une fermeté accrue. Manuel Valls, très isolé au sein de son propre parti, se retrouve donc une nouvelle fois sous le feu des critiques.

    Ainsi, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone s’est indigné dans un tweet :

     

    Quant au ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, il exige qu’on « sanctuarise l’école et que cette situation ne se renouvelle pas ».

    Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a ouvert une enquête sur l’expulsion. Il s’est autosaisi de cette question après avoir obtenu l’accord de la famille de l’adolescente, et auditionnera toutes les personnes concernées avant de formuler éventuellement des recommandations d’ici à quelques semaines.

    Des réactions politiques en masse

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a, lui, annoncé dans l'après-midi à l'Assemblée nationale que «s'il y a eu faute», l'arrêté d'expulsion sera annulé et que la famille Dibrani reviendra pour que leur situation « soit réexaminée en fonction de notre droit, de nos pratiques et de nos valeurs».

    Frédéric Hocquart, le secrétaire national du PS à la Culture a, lui, pointé sur le réseau social Tweeter :

     

    Le Parti socialiste semble militer pour le retour dans sa classe de la collégienne et pointe la politique de Manuel Valls. La dernière annonce en date vient du PCF, Pierre Laurent, le secrétaire national « exige » de François Hollande « un engagement solennel et immédiat de stopper toute expulsion de jeunes étrangers scolarisés ».

    Léonarda, quant à elle, a indiqué, aujourd'hui, mercredi, interrogée par des médias à Mitrovica, la ville du nord du Kosovo où elle réside désormais avec sa famille, qu’elle souhaitait rentrer en France « pour recommencer les cours » et « avoir un avenir ».


  • Commentaires

    1
    marialis
    Vendredi 18 Octobre 2013 à 00:15
    La loi est la loi mais face à une adolescente, on est tombé bien bas....
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