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    Par figaro iconMichel Desmurget - le 09/07/2015
    AVIS D'EXPERT- Pour Michel Desmurget, chercheur l'Inserm spécialisé en neurosciences cognitives, l'abus d'écrans récréatifs est réellement néfaste pour les enfants.

    Chaque jour, nos enfants passent entre cinq et sept heures devant une large diversité d'écrans récréatifs (télévision, jeux vidéo, smartphones, etc.). Or une abondante littérature scientifique montre que ces derniers ont, au-delà de trente minutes, une influence délétère majeure dans nombre de domaines dont l'acquisition du langage, le déploiement de l'intelligence, le développement des facultés de concentration, la réussite scolaire ou l'obésité. Le grand public a peu d'accès à cette réalité, en raison d'une information largement biaisée.

    Les écrans sont partout. Pour certains, s'opposer à cette propagation frénétique serait aussi avisé que de souhaiter le retour de la charrue à bras. Comme les nouvelles générations sont «nées dans le numérique», écrit ainsi l'Académie des sciences dans un avis de 2013, «il ne sera possible que de réduire à la marge le temps d'exposition aux écrans». Souvent s'ajoute à cet argument la menace de transformer l'enfant déconnecté en un paria social.

    Pourtant, les usages numériques récréatifs sont inversement proportionnels à l'aisance socio-économique des familles. En d'autres termes, le caractère incontournable des écrans s'arrête aux portes des classes favorisées. Il frappe en priorité les plus modestes. Comme l'a montré un récent article du New York Times, les cadres dirigeants de l'industrie numérique eux-mêmes (Steve Jobs compris) prennent grand soin à ne pas exposer leur progéniture parce que, déclare l'un d'eux, «nous avons vu de première main les dangers de la technologie (…). Je ne veux pas que cela arrive à mes enfants».

    Intérêts économiques

    Trouver des vertus aux écrans permet d'étouffer les réticences parentales. L'approche consiste à hypertrophier la portée du moindre micro-élément favorable. Prenez par exemple ce travail montrant que les jeux vidéo d'action ont un effet positif sur la dyslexie. Des jeux «au secours de la dyslexie», qui «améliorent les capacités de lecture des enfants» et doivent être «recommandés aux dyslexiques», s'est enthousiasmée la presse nationale. En réalité, l'étude montrait juste, chez certains enfants présentant un type minoritaire de dyslexie, que de tels jeux abaissent d'une poignée de millisecondes le temps mis pour décoder un mot. Conclusion des auteurs, il faudrait maintenant regarder si ces jeux ont un effet sur l'aptitude des enfants à lire (au sens de: à comprendre ce qu'ils lisent). Bémol de taille, non évoqué dans les journaux.

    L'omission de données scientifiques est également courante. Largement repris dans les médias, le travail de l'Académie des sciences en constitue un bel exemple. Selon les auteurs, les jeux d'action «améliorent (les) capacités d'attention visuelle, de concentration et facilitent, grâce à cela, la prise de décision rapide». En réalité, ces jeux améliorent, au mieux, certaines compétences périphériques d'attention exogènes telle la reconnaissance de pattern visuels. Dans le même temps, toutefois, ils ont un effet négatif marqué sur l'attention focalisée endogène étroitement liée à la réussite scolaire (ce que les parents appellent concentration). De cela, notre Académie ne dit rien. Elle survend un bénéfice mineur et omet de mentionner une atteinte essentielle que même Microsoft a récemment dénoncée dans une étude marketing, suggérant aux publicitaires, pour optimiser leurs campagnes, de tenir compte de l'effondrement des compétences attentionnelles des «digital natives». L'Académie ne précise pas non plus que ces jeux d'action largement diffusés dès le primaire sont souvent déconseillés aux moins de 18 ans, car farcis de violence extrême (jusqu'à la torture) et de pornographie explicite (fellation, coït). L'impact de tels contenus sur l'agressivité, l'anxiété, les préjugés sexistes ou les troubles de sommeil ne fait plus aujourd'hui aucun doute pour la communauté scientifique, même si l'on peut toujours trouver un poisson volant pour affirmer le contraire.

    Des intérêts économiques considérables

    L'Académie des sciences affirme aussi que les tablettes tactiles suscitent «l'éveil précoce des bébés (0-2 ans) au monde des écrans, car c'est le format le plus proche de leur intelligence». L'allégation est purement gratuite. L'un des auteurs de la citation écrivait d'ailleurs dans un grand quotidien national, quelques semaines avant la parution de l'avis, qu'«avant l'âge de 3 ans les tablettes sont nuisibles (… parce que) limitant la relation au monde».

    Cette présentation déformée de la réalité sert des intérêts économiques considérables. Mais à trop regarder la colonne des recettes, on néglige celle des coûts. C'est ennuyeux car les payeurs sont rarement, nous l'avons vu, les enfants des classes privilégiées. Ceux-là sont préservés.

    Les victimes, ce sont «les autres», ceux dont on nous dit chaque jour qu'ils ont été abandonnés par une école républicaine honteusement inégalitaire. L'attaque est facile. Elle omet toutefois de préciser que même le meilleur enseignant ne pourra jamais agir efficacement sur un cerveau fané, engorgé d'une perpétuelle bourbe numérique. Nul ne sait faire pousser des roses sur l'aridité d'un sable désertique.

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  • Sainte Louise de Marillac

    Fondatrice des filles de la Charité (✝ 1660)

    Louise est la nièce du chancelier royal Michel de Marillac et du maréchal Louis de Marillac, arrêtés tous deux et condamnés à mort par Richelieu après la "Journée des Dupes" du 10 novembre 1630. Fille naturelle d'un grand seigneur, elle est élevée par les religieuses dominicaines de Poissy. En 1613, mariée à un simple bourgeois, elle devient Mademoiselle Le Gras. Son fils Michel lui donnera beaucoup de soucis. A 34 ans, elle se retrouve veuve. C'est alors qu'elle rencontre saint Vincent de Paul. Sainte Louise de Marillac - Filles de la Charité Subjuguée par la charité contagieuse du prêtre, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions charitables. En 1633, ils fondent ensemble la "Compagnie des Filles de la Charité", appelée communément Sœurs de Saint Vincent de Paul. Louise, supérieure de la nouvelle communauté, oriente les sœurs vers tous les exclus de son temps : elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres; elle organise l'accueil et l'éducation des enfants trouvés; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres; elle envoie des sœurs auprès des galériens... Une passion l'habite: l'amour de l'homme créé à l'image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique. Comme Monsieur Vincent, elle mourra à la tâche. Son corps repose à Paris au 140 rue du Bac.
    Elle a été béatifiée en 1920, canonisée par Pie XI en 1934; en 1960, Jean XXIII la déclare patronne de tous les travailleurs sociaux chrétiens.
    - Louise de Marillac (1591-1660)
    Durant de longues années, Louise de Marillac est une femme habitée par l'anxiété, la culpabilité. Du fait de sa naissance illégitime, hors mariage, elle est rejetée par sa famille, placée dans des institutions...
    Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France

    Sainte Louise de Marillac - diocèse de Paris
    À Paris, en 1660, sainte Louise de Marillac, veuve, qui sans négliger l’éducation de son fils, fonda les Filles de la Charité, sous la direction de saint Vincent de Paul, et forma par son exemple ses compagnes au soin des malades, à l’instruction religieuse des enfants pauvres, mais surtout à la prière et à la confiance dans le Seigneur.


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    Le problème

    Il existe de nombreuses formes de violence à l'égard des femmes : physique, sexuelle, psychologique et économique. Ces formes de violence sont interdépendantes et touchent les femmes depuis avant la naissance jusqu’à la vieillesse.

    Certains types de violence, comme la traite de personnes, ne connaissent pas les frontières nationales.

    Les femmes qui sont victimes de la violence souffrent de toute une gamme de problèmes de santé et leur capacité à participer à la vie publique s'en trouve diminuée. La violence contre les femmes atteint les familles et les communautés à travers les générations et renforce d’autres formes de violence répandues dans la société.

    La violence contre les femmes les appauvrit aussi, ainsi que leur famille, la communauté et la nation.

    La violence à l’égard des femmes ne se limite pas à une culture, une région ou un pays en particulier ni à des groupes spécifiques de femmes au sein d’une société. Les racines de la violence contre les femmes se trouvent dans la discrimination persistante à leur égard.

    Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie.

    Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

    Violence infligée par un partenaire intime

    La forme la plus courante de violence subie par les femmes est la violence physique infligée par un partenaire intime. Celles-ci sont battues, victimes de violence sexuelle ou autrement maltraitées.

    Une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réalisée dans onze pays conclut que le pourcentage de femmes victimes de violence sexuelle par un partenaire intime allait de 6 pour cent au Japon à 59 pour cent en Éthiopie.

    Plusieurs sondages mondiaux suggèrent que la moitié des femmes victimes d’homicide sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ou compagnon.

    • En Australie, au Canada, en Israël en Afrique du Sud et aux États-Unis, 40 à 70 % des femmes victimes de meurtre ont été tuées par leur partenaire selon l’OMS.
    • En Colombie, une femme serait tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les six jours.

    La violence psychologique ou émotionnelle par un partenaire intime est aussi largement répandue.

    Violence sexuelle

    On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.

    Forme de violence sexuelle, la pratique du mariage à un âge précoce est courante dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Le mariage et les relations sexuelles sont souvent imposés à de très jeunes filles, ce qui comporte des risques pour leur santé, y compris l’exposition au VIH/sida, et limite la durée de leur scolarité.

    L’un des effets de la violence sexuelle est la fistule gynécologique traumatique, blessure résultant du déchirement des tissus vaginaux qui rend les femmes incontinentes et socialement indésirables.

    La violence sexuelle dans les situations de conflit

    La violence sexuelle dans les situations de conflit est une atrocité abominable, qui se perpètre aujourd’hui et qui touche des millions de personnes, principalement les femmes et les filles.

    Il s’agit souvent d’une stratégie délibérée employée sur une grande échelle par des groupes armés afin d’humilier les opposants, de terrifier les individus et de détruire les sociétés. Les femmes et les filles peuvent aussi être soumises à l’exploitation sexuelle par les personnes chargées de les protéger.

    Des femmes en âge d’être grand-mères et des petites filles ont subi des violences sexuelles systématiques aux mains de forces militaires et rebelles.

    Le viol est utilisé depuis longtemps comme tactique de guerre et la violence contre les femmes pendant ou après les conflits armés est signalée dans toutes les zones de guerre internationales ou non internationales.

    • En République démocratique du Congo, près de 1 100 viols sont signalés chaque mois, avec une moyenne de 36 femmes et filles violées chaque jour. On s’accorde à penser que plus de 200 000 femmes ont souffert de violence sexuelle dans ce pays depuis le commencement du conflit armé
    • Le viol et la violence sexuelle dont sont victimes les femmes et les filles sont largement répandus dans le conflit qui sévit dans la région du Darfour au Soudan.
    • Entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées au cours du génocide du Rwanda de 1994.
    • La violence sexuelle était un des traits caractéristiques de la guerre civile qui a ravagé le Libéria pendant 14 ans.
    • Entre 20 000 et 50 000 femmes ont été violées pendant le conflit de Bosnie au début des années 1990.

    Violence et VIH/sida

    L’incapacité des femmes de négocier des relations sans risques et de refuser des rapports sexuels non désirés est étroitement liée à la fréquence élevée du VIH/sida. Un rapport sexuel non désiré a pour conséquence un risque d’abrasion et de saignement plus élevé et une transmission plus facile du virus.

    Les femmes battues par leur partenaire ont 48 % de chances de plus d’être infectées par le VIH/sida.

    Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et de plus en plus fréquemment infectées par le VIH/sida. Plus de la moitié des nouvelles infections à VIH dans le monde se produisent parmi les jeunes de 15 à 24 ans et plus de 60 % des jeunes séropositifs de cette tranche d’âge sont des femmes.

    Mutilation génitale féminine

    La mutilation génitale féminine désigne différents types d’opérations d’excision effectuées sur les femmes et sur les filles.

    • On estime qu’entre 100 et 140 millions de filles et de femmes vivant actuellement ont subi des MGF/MSF, principalement en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient.
    • On considère que chaque année 3 millions de filles sont menacées de mutilations génitales.

    Meurtre pour cause de dot

    Le meurtre pour cause de dot est une pratique brutale dans laquelle une femme est tuée par son mari ou sa belle-famille parce que sa famille ne peut pas répondre à leurs exigences concernant la dot, paiement fait à la belle-famille d’une femme lors de son mariage comme cadeau à sa nouvelle famille.

    Alors que les dots ou paiements de ce genre sont courants dans le monde entier, les meurtres pour cause de dot se produisent essentiellement en Asie du Sud.

    Les « crimes d’honneur »

    Dans nombre de sociétés, les victimes de viol, les femmes soupçonnées de relations sexuelles préconjugales et les femmes accusées d’adultère sont tuées par des membres de leur famille, car toute atteinte à la chasteté d’une femme entache, selon eux, l’honneur de la famille.

    Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) estime que jusqu'à 5000 femmes sont victimes de « crimes d'horreurs » chaque année.

    Traite de personnes

    Entre 500 000 et 2 millions de personnes font l’objet de traite tous les ans à des fins de prostitution, de travail forcé, d’esclavage ou de servitude, selon les estimations. Les femmes et les filles représentent près de 80 pour cent des victimes découvertes.

    Violence pendant la grossesse

    La violence avant et pendant la grossesse a de graves répercussions sur la santé tant de la mère que de l’enfant. Elle entraine des grossesses à haut risque et des problèmes liés à la grossesse, notamment la fausse-couche, l’accouchement prématuré et l’insuffisance de poids à la naissance.

    L’infanticide féminin, la sélection prénatale en fonction du sexe et la négligence systématique des filles sont répandus en Asie du Sud et de l’Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

    Discrimination et violence

    Nombre de femmes sont confrontées à des formes multiples de discrimination et à des risques accrus de violence.

    • Les femmes autochtones du Canada courent cinq fois plus de risques de mourir des effets de la violence que les autres femmes du même âge.
    • En Europe, en Amérique du Nord et en Australie, plus de la moitié des femmes handicapées ont été victimes de maltraitance contre un tiers pour les femmes non handicapées.

    La violence à l’égard des  femmes en garde à vue est courante et comprend la violence sexuelle, une surveillance inappropriée, des fouilles à nu effectuées par des hommes et des demandes d’actes sexuels en échange de privilèges ou de nécessités de base.

      Coûts et conséquences

    Les coûts de la violence à l’égard des femmes sont extrêmement élevés. Ils comprennent les frais directs de services de soins et de soutien aux femmes maltraitées et à leurs enfants et ceux d’amener les auteurs de violence à la justice.

    Les coûts indirects comprennent la perte d’heures de travail et de productivité ainsi que la douleur et la souffrance humaine.

    • Le coût de la violence perpétrée par un partenaire intime aux États-Unis seulement dépasse 5,8 milliards de dollars américains par an : 4,1 milliards de dollars américains pour frais médicaux et soins directs et à près de 1,8 milliard de dollars pour les pertes de productivité.
    • Une étude effectuée au Royaume-Uni en 2004 a estimé la totalité des coûts directs et indirects de la violence familiale, y compris les douleurs et les souffrances, à 23 milliards de livres sterling par an, soit 440 livres par personne.

    La violence à l’égard des femmes et des filles : quelques faits et chiffres

    1 femme sur 3 est toujours victime de violence physique ou sexuelle

    Différentes formes de violences

    • Selon les estimations, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime ou de violences sexuelles de la part d'une autre personne à un moment donné dans leur vie. Cependant, des études menées à l'échelle nationale font apparaître que 70 % des femmes ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie [1].
    • Les femmes victimes d'abus physiques ou sexuels infligés par leur partenaire sont deux fois plus susceptibles de recourir à un avortement, presque deux fois plus souvent sujettes à une dépression et, dans certaines régions du globe, 1,5 fois plus susceptibles de contracter le VIH/Sida, en comparaison aux femmes qui n'ont pas été victimes de violences [2].
    • Malgré la rareté des données chiffrées disponibles et face à de fortes disparités entre les pays et les différentes cultures au niveau des méthodes d'évaluation des violences psychologiques, les preuves existantes révèlent des taux de prévalence élevés. Dans les 28 États membres de l'Union européenne, 43 % des femmes ont été victimes au cours de leur existence de violences psychologiques exercées sous une forme ou une autre par un partenaire intime [3].
    • Selon les estimations, sur la totalité des femmes qui ont été victimes d'homicide dans le monde en 2012, près de la moitié l'ont été par un partenaire intime ou membre de la famille, contre moins de 6 % pour les hommes tués au cours de la même année [4].
    • En 2012, une étude menée à New Delhi a révélé que 92 % des femmes avaient déjà subi des manifestations de violences d'ordre sexuel dans un lieu public, et que 88 % des femmes avaient subi certaines formes de harcèlement sexuel (notamment des commentaires déplacés de nature sexuelle, des sifflements, des regards concupiscents ou des gestes obscènes) au cours de leur vie [5].
    • Dans le monde, plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants (avant l’âge de 18 ans). Parmi celles-ci, plus d'une sur trois ‑ soit près de 250 millions de femmes ‑ s'est mariée avant son 15e Les femmes-enfants mariées ont rarement la possibilité de négocier des rapports sexuels protégés, ce qui les rend vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, dont le virus du VIH/Sida, ainsi qu'à la maternité précoce [6].
    • Environ 120 millions de filles dans le monde (soit un peu plus d'une sur dix) ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ou à s'adonner à d'autres actes de nature sexuelle à un moment donné de leur existence. Mais les principaux responsables de violences sexuelles à l'encontre des filles restent de loin leurs partenaires actuels ou passés [7].
    • Selon les nouvelles estimations publiées sur la Journée internationale de l’ONU de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines en 2016, 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision dans 30 pays. Dans la plupart de ces pays, la majorité des filles ont été coupés avant 5 ans. [8].
    • Près de la moitié des victimes de trafic d'êtres humains dans le monde sont des femmes adultes. Les femmes et les filles représentent environ 70 % des victimes, les filles seules représentant deux sur trois des victimes du trafic d'êtres humains subi par les enfants [9].
    • Selon le rapport de l'Union européenne, une femme sur dix âgée de plus de 15 ans a déjà été victime de cyber-harcèlement (qui peut prendre la forme de l'envoi de messages indésirables, de courriers électroniques ou SMS de nature offensive et sexuellement explicite ou d'avances offensives et importunes sur les sites des réseaux sociaux). Le risque de harcèlement de ce type est le plus élevé chez les jeunes femmes âgées de 18 à 29 ans [10].
    • On estime que 246 millions de filles et de garçons subissent des violences à l'école chaque année. Une fille sur quatre déclare ne jamais se sentir en sécurité lors de l'utilisation des toilettes en milieu scolaire, selon une enquête relative à la jeunesse menée dans quatre régions. Certes, l’étendue et les formes de violences en milieu scolaire diffèrent selon qu'elles concernent les filles ou les garçons, mais les éléments de preuve suggèrent que les filles connaissent un risque plus élevé de violences, de harcèlement et d'exploitation sexuelles. Au-delà des répercussions néfastes d'ordre psychologique, sexuel et relatifà la santé reproductive, la violence basée sur le genre en milieu scolaire constitue un obstacle majeur à l'accès universel à la scolarité et à la mise en application du droit à l'éducation pour les filles [11].

    Des mesures pour faire face à la violence

    • Dans la majorité des pays où des données ont été recueillies, moins de 40 % des femmes victimes de violences cherchent activement une aide. Parmi les femmes qui se mettent en quête d'une aide effective, la plupart se tournent vers leur famille ou amis et très peu ont recours à des institutions ou dispositifs organisés, tels les services de santé ou les forces de police. Ainsi, moins de 10 % des femmes victimes de violence qui ont recours à de l'aide font appel à la police [12].
    • Au moins 119 pays ont promulgué des lois sur la violence familiale, 125 disposent de lois relatives au harcèlement sexuel et 52 sur le viol conjugal. Cependant, même là où des lois existent, celles-ci ne sont pas toujours en conformité avec les normes et les directives internationales ou mises en application [13].
    • L'existence de données chiffrées sur la violence contre les femmes s'est considérablement améliorée ces dernières années. Depuis 1995, plus de 100 pays ont réalisé au moins une enquête sur cette question. Quarante-quatre pays ont effectué une enquête entre 1995 et 2004 et 89 pays entre 2005 et 2014, traduisant ainsi un intérêt grandissant pour ce sujet. Plus de 40 pays ont mené au moins deux enquêtes sur la période de 1995 à 2014, ce qui signifie que l'évolution au fil des années pourra faire l'objet d'une analyse, à condition que les enquêtes soient comparables [14].

    La violence au sein des groupes vulnérables

    • Les données existantes indiquent que certaines caractéristiques des femmes, telles leurs préférences sexuelles, la présence d'un handicap ou leur origine ethnique, ainsi que certains facteurs contextuels, par exemple les crises humanitaires, dont les situations de conflit et postérieures à un conflit, peuvent accroître la vulnérabilité des femmes face à la violence [15].
    • En 2014, 23 % des femmes non hétérosexuelles (se déclarant lesbiennes, bisexuelles ou autre) interrogées au sein de l'Union européenne ont indiqué avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles perpétrées tant par des hommes que par des femmes autres que leur partenaire, à comparer avec 5 % dans le cas des femmes hétérosexuelles [16].
    • En outre, 34% des femmes souffrant d'un problème de santé ou d'un handicap ont rapporté avoir subi une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire au cours de leur existence, contre 19 % pour les femmes ne déplorant aucun problème de santé ou handicap, toujours selon les données recueillies au sein de l'Union européenne [17].

    Notes

    [1] Organisation Mondiale de la Santé, Département Santé et recherche génésiques, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Conseil sud-africain de la Recherche médicale (2013). Estimations mondiales et régionales de la violence à l'encontre des femmes : prévalence et conséquences sur la santé de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire, p.2. Pour obtenir des informations spécifiques par pays, voir Les femmes dans le monde 2015, Tendances et statistiques, Chapitre 6, La violence contre les femmes, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, 2015.

    [2] Ibid.

    [3] Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, p. 71.

    [4] Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (2014). Étude mondiale sur l'homicide 2013, p. 14.

    [5] ONU Femmes (2013). Initiative mondiale « Des villes sûres » des Nations Unies.

    [6] UNICEF (2014). Mettre fin au mariage d'enfants : Avancées et perspectives, p. 2, 4.

    [7] UNICEF (2014). Cachée sous nos yeux : Une analyse statistique de la violence envers les enfants, p. 167.   

    [8] UNICEF (2016). Female Genital Mutilation/Cutting: A global concern

    [9] UNODC (2014). Rapport mondial sur la Traite des Personnes, p. 5, 11.

    [10] Voir Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, p. 104.

    [11] Données extraites du (i) Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous (Rapport mondial EPT), UNESCO, Initiative des Nations Unies en faveur de l'éducation des filles (2015)Les violences de genre en milieu scolaire font obstacle à la réalisation d’une éducation de qualité pour tous, Document de politique 17, et (ii) UNGEI (2014). Infographie Mettre fin aux violences de genre en milieu scolaire

    [12] Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (2015). Les femmes dans le monde 2015, Tendances et statistiques, p. 159.

    [13] Ibid, p. 160.

    [14] Ibid, p. 140.

    [15] Voir Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (2014). La violence à l'égard des femmes : une enquête à l'échelle de l'Union européenne, Annex 3, p. 184-188.

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  • Sociologue rurale, la malienne Fatoumata BA s’intéresse particulièrement à la femme malienne des campagnes. Malgré son rôle dans la société, sa situation reste précaire.

    1. Situation de la femme au Mali

     

    Au Mali, et plus particulièrement, dans la région de Mopti environ 70% des populations vivent en milieu rural et dépendent de l’agriculture, l’élevage, et la pêche. Les femmes représentent 52% de la population totale dont 78% vivent en milieu rural, et assurent plus de 70% de la production alimentaire. Elles participent activement dans l’exploitation mais n’ont aucun contrôle de ressources.

     

    Aussi de par leur analphabétisme, les femmes ne disposent pas souvent de la capacité suffisante de gestion financière, ce qui conduit généralement à l’échec de leurs activités. Confrontées aux réalités de la nature, à l’absence d’épargne rurale avec son corollaire de problèmes de perte des récoltes et à l’analphabétisme, les femmes rurales n’ont souvent pas la capacité financière et les aptitudes intellectuelles nécessaires pour jouer convenablement son rôle de principal responsable des besoins nutritionnels et éducationnels de la famille.

     

    Les activités génératrices de revenus (embouche ovine, maraîchage, petit commerce) dans les conditions requises demeurent les seules issues possibles pour les femmes afin de minimiser les effets néfastes de la nature et trouver des sources de revenu monétaire en un laps de temps.

     

    Malgré leur rôle important au sein de la société, la situation des femmes au Mali (rurale) reste encore précaire. Elles participent activement dans l’exploitation mais n’ont aucun contrôle des bénéfices des ménages, elles sont handicapées par l’analphabétisme (taux de scolarisation des filles au niveau national 14% ; IER, 2002).

     

    Aussi ne disposent pas souvent de la capacité financière et des aptitudes intellectuelles nécessaires pour jouer convenablement leur rôle de responsable d’entretien et d’éducation du ménage.

     

     

    2. Femmes et pouvoir au Mali

     

    Traditionnellement, les femmes ont peu de pouvoir de décision. Mais une évolution se dessine favorisée par la décentralisation rurale et la gouvernance locale au Mali.

     

    Les femmes participent très peu aux débats lors des assemblées villageoises. Leur participation se fait toujours par consultation ou par personne interposée. Ces réalités socio-culturelles pèsent lourdement sur la participation de la femme au processus de développement et lui confèrent un statut social inférieur à celui de l’homme. Dans ce contexte très peu favorable à l’épanouissement de la femme, la condition féminine au Mali, et en milieu rural, devient une préoccupation majeure pour la communauté de développement.

     

    Les femmes au Mali et plus particulièrement les femmes rurales avaient un contrôle limité sur la prise de décisions publiques. Les règles d’exploitation des ressources sont traditionnellement établies par les hommes et ne favorisent pas la participation des femmes aux prises de décision au niveau communautaire et même au sein d’une exploitation donnée.

     

    Cependant, aujourd’hui, le processus de la décentralisation a changé et renforcé les décisions, la gouvernance démocratique implique que les femmes en tant que actrices du développement aient un droit de parole.

    L’affirmation de la citoyenneté au niveau local nécessite une représentation des droits et recours. La mutation du cadre institutionnel au Mali est une occasion de faire place aux femmes.

     

    Cette politique sur la décentralisation rurale et la gouvernance locale au Mali est une approche qui contribuera à combler les attentes des femmes et plus particulièrement les femmes rurales avec lesquelles je travaille en étroite collaboration, de contribuer au renforcement de leurs capacités, à promouvoir l’accès à la communication qui est un outil de développement afin qu’elles puissent participer dans la prise de décision de la gestion de leur commune.

    3. Femmes et accès à la terre

     

    Au Mali, la femme ne peut hériter d’aucune ressource durable ou permanente comme la terre. Cependant, des changements sont intervenus durant ces dernières décennies.

     

    Les règles d’exploitation des ressources sont traditionnellement établies par les hommes et ne favorisent pas la participation des femmes aux prises de décision au niveau communautaire et même au sein d’une exploitation donnée. Ces règles considèrent souvent les femmes comme instables dans le ménage. Elles ne peuvent donc pas hériter de la terre, qui est une ressource permanente. Comme le dit un vieillard de Néné : « On ne peut pas mettre sa fortune sur un cheval sans rêne ». Aussi, les terres aménagées sont systématiquement attribuées aux hommes. En outre, la répartition traditionnelle des activités oriente les femmes vers des tâches domestiques.

     

    Néanmoins, dans certains groupes ethniques (comme les Bambara) les femmes ont constitué depuis longtemps une force de travail majeure dans l’exploitation agricole familiale. Elles ont même accès aux rizières des bas-fonds, difficiles à exploiter et désertés par les hommes.

     

    De plus, des changements sont intervenus durant ces dernières décennies. Ainsi, malgré les règles et les représentations concernant la place de la femme dans la société, les grandes sécheresses ont amené une évolution dans le rapport des femmes à la terre.

     

    Ces changements ont conduit les femmes à poursuivre des stratégies foncières. Elles s’investissent principalement dans les cultures maraîchères et rizicoles en groupement ou individuellement. Leur production couvre une partie plus ou moins importante de la période de soudure.

     

    Malheureusement, l’appui technique et la formation fournis par la plupart des projets profitent essentiellement aux hommes. De plus, les femmes bénéficient peu des crédits ruraux et des équipements individuels. Fort heureusement, des initiatives collectives permettent de contourner ces difficultés.

     

     

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    Fatoumata BA (Mali)


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  • Touche pas à ma caissière" : un hypermarché de Toulouse tente de lutter contre les incivilités

     

    L'hypermarché Auchan, en plein cœur du centre commercial Gramont, l'un des plus gros de la métropole toulousaine, mise depuis un an sur une campagne d'affichage pour le respect de son personnel. Lasse de voir ses caissières prises à partie, la DRH a fait installer de grandes pancartes préventives.

    Ces pancartes sont accrochées depuis quatre mois à Auchan Gramont. Bénédicte Dupont © Radio France

    Reportage à Auchan-Gramont Bénédicte Dupont 
     

    Pas sûr qu'une pancarte suffise à empêcher les plus nerveux de s'énerver, mais l'idée n'est pas passée inaperçue : ces pancartes accrochées au-dessus des caisses d'Auchan-Gramont. On y lit noir (ou rouge) sur blanc "Insultes, agressions physiques ou verbales = sortie sans achat" et "non aux incivilités, toute insulte ou comportement agressif à l'égard du personnel donnera lieu à des poursuites", avec la liste des articles de loi correspondants.

    Des insultes, des vulgarités, des lancers d'objets sur le personnel. Parce qu'il y a trop d'attente en caisse ou parce qu'ils n'arrivent pas à faire fonctionner les caisses autonomes.

    — Elise, hôtesse de caisse

     

    Marianne Geffrotin, responsable DRH Auchan-Gramont  
     

    En fait, comme certains magasins à Marseille ou en région parisienne, l'hypermarché toulousain est a choisi une campagne d'affichage préventive depuis un an. Au début, le mode humoristique a été adopté avec des petits "smileys" et une invitation cordiale à respecter le personnel. Et depuis quatre mois, place à un ton plus autoritaire.

    C'est la tolérance zéro, en cas d'insulte, le client peut être invité à quitter le magasin sans ses courses. Le client est roi jusqu'à ce qu'il dépasse les règles de courtoisie. Notre personnel n'est pas là pour se faire insulter.

    — Marianne Geffrotin, DRH Auchan-Gramont

    L'hypermarché s'appuie sur des articles pénaux pour menacer les clients énervés © Radio France

    La mesure a été plutôt bien accueillie par les clients qui, d'après les hôtesses de caisse, soutiennent cette campagne et sont eux-mêmes les spectateurs blasés de scènes violentes. Dans les faits, depuis qu'il y a cet affichage, les incivilités on reculé en intensité selon Benoît, agent de sécurité.

    Les agressions étaient devenues de plus en plus violentes, les caissières y sont moins préparées que moi. Désormais, on ne tolère plus aucune insulte, ça n'est pas acceptable entre gens civilisés. Et depuis que nous avons les panneaux, certains rigolent en pensant que c'est du flan, mais ils finissent bien par constater que nous ne plaisantons pas.

    — Benoit, agent de sécurité à Auchan-Gramont

     

    Benoit, agent de sécurité à Auchan-Gramont depuis 12 ans
     

    Depuis que les pancartes ont été installées, une dizaine de clients ont été priés de quitter l'hypermarché sans leurs courses. "Dans 9 cas sur 10, ce sont eux qui partent d'eux-mêmes", assure Benoit. Aucune poursuite pénale n'a été engagée.

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